La note noire

J’ai discuté un soir au Méridien avec John Pizzarelli. Il y avait en backup son sax préféré, Mr Harry Allen. Nous avons abordé le jazz, sa poésie, ses vicissitudes, le classique qu’il était devenu après avoir été une musique de complainte. Le jazz est né avec le « blues », ce bleu des âmes martyrisées par l’esclavagisme qu’un Miles Davis transfigurait en une joie de vivre doublée d’une magnificence de spontanéité créatrice.

Au contraire d’un Chet Baker adepte pourtant de cette « cool attitude » typique de la côte ouest qui projetait une «note grise », brouillard de croches en suspension vous glaçant le cœur, son mélancolique de fin d’après-midi pluvieuse quand le mécanisme de l’âme s’arrête sur la descente d’un accord mineur ne sachant plus comment accrocher à la réalité de l’instant. « Let’s get lost ».

John était convaincu de l’existence d’une note plus obscure, viscérale, plus âpre encore, entre le timbre aigu d’un mysticisme et celui plus mat d’un appel à l’aide : une « note noire » caractéristique des opprimés et des minorités jugulées dans l’expression de leurs valeurs et de leurs religions.

Publicités

~ par Thelonious Avogaddro sur 16 février 2009.

Une Réponse to “La note noire”

  1. est ce que john pizzarelli est le fils de bucky ???

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :